Quelques

Il est l’un des fers de lance de la scène reggae française. Presque un phénomène, remplissant les salles partout où il passe sans déferlante médiatique et jouissant d’un incroyable aura à l’international (tournées européennes, dans le Pacifique, en Amérique du Nord et Afrique). Cet emballement des foules, Naâman le doit à des prestations scéniques à la fois enflammées et incarnées. Difficile ainsi de ne pas être impressionné par l’impressionnante trajectoire de ce jeune trentenaire au reggae à la fois hybride, vivifiant et fédérateur. Qui a déboulé dans le paysage musical, il y a dix ans après avoir envoyé valser des études de graphisme et multiplier les jams dans les bars, avec la force d’une vitamine D.

Succès immédiat, fulgurant, impulsé par Deep Rockers, Back a Yard, premier album enregistré à Kingston dans le mythique studio de Harry J. Déjà ce flow groovy et imparable. Déjà cette collusion entre les sonorités jamaïcaines et l’approche urbaine. Déjà cette vision fraternelle, humaniste, spontanée et bigarrée. Déjà le choix de l’anglais pour toucher à l’universalité. Naâman – Martin Mussard pour l’état-civil – a choisi son pseudo dans la Bible. Il va surtout là où le cœur le mène, travaille sans relâche sur l’établi de ses désirs. Et n’en finit plus d’agrandir la taille de son fan-club : un demi million de followers, des clips dont les vues atteignent les neuf chiffres, des disques d’or, des passages dans des festivals de renommée (Printemps de Bourges, Francofolies de La Rochelle, La Fête de l’Humanité, Reggae Sun Ska…), des featurings remarqués avec Toots and The Maytals ou Nemir. Il y a chez le Dieppois d’origine une ouverture au monde, une sincérité contagieuse, des velléités baroudeuses, des revendications saines, une énergie positive. Esprit libre, toujours en équilibre entre quête personnelle et spirituelle. Refus du surplace ou d’appliquer la même recette. Difficile, d’ailleurs, de trouver un terme idoine et définitif pour ce métissage sonore roots dans la lignée d’un Damian Marley. Comme si son attirance inconsciente était de couvrir la totalité d’un spectre où s’inscriraient toutes les sensations. Sur Beyond, il a notamment injecté teintes soul, percées caribéennes et chœurs gospel. Cette troisième livraison studio, suivi d’un live publié en 2019, a marqué la fin d’un chapitre.

Jusqu’ici, plongé dans une sorte de tourbillon frénétique, Naâman ne connaissait pas la touche pause. Besoin d’un break, de se ressourcer, de redistribuer les cartes. Se servir aussi des contraintes liées au contexte sanitaire pour étendre le temps de création. Prendre les rênes, pour la première fois, de la direction artistique. Donc Temple Road, en résonance au nom de la rue dans laquelle il habite à Goa. L’Inde ? Coup de cœur. Coup de foudre. Son refuge, son lieu de vie depuis six ans désormais. C’est là-bas qu’il a écrit la quasi-intégralité des morceaux. Disque épuré, organique, dense, d’alchimiste, qui affronte des climats plus acoustiques, traduit des intentions visant à éclairer une perception mentale ainsi que sa propre éclosion intime.

Un nouvel opus que Naâman a déjà hâte de défendre sur scène aux côtés du Deep Rockers Crew, cet été en festivals.

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